La consommation de substances
Chacun a sa propre expérience de consommation de substances. Tu connais peut-être des gens qui sont sobres, qui ne consomment pas du tout ou qui consomment un peu, et d’autres qui consomment beaucoup ou qui mélangent les substances. Les substances piquent peut-être ta curiosité et tu te poses peut-être des questions sur celles-ci. Le fait est que, depuis des milliers d’années, l’homme consomme des drogues pour bien des raisons. En explorant cette section, tu peux apprendre à bien gérer ta consommation de substances, à réduire les risques éventuels et à prendre les bonnes décisions pour toi.
L’ESSENTIEL SUR LA CONSOMMATION DE SUBSTANCES
La consommation de substances est plus présente dans notre vie quotidienne qu’on ne le croit, qu’il s’agisse d’ordonnances, d’activités récréatives ou d’usages traditionnels. Cette section te présentera brièvement la consommation de substances et ses différents stades. Elle contient également de l’information sur les moyens de réduire les risques de la consommation.
Il existe toutes sortes de substances et bien des raisons pour lesquelles une personne peut en consommer. Certaines personnes peuvent consommer des substances (comme le tabac sacré) dans le cadre de leurs pratiques culturelles ou de la médecine traditionnelle. D’autres sont curieuses de savoir l’effet que cela fait d’essayer différentes substances. D’autres encore aiment les effets produits par les substances et en consomment lors de fêtes ou dans d’autres situations sociales avec des ami·es. La consommation de toute substance comporte toutefois des risques. Cette section t’informera sur la consommation de substances et sur ses différents stades. Nous décrirons la différence entre la prise de médicaments de la manière prescrite et la consommation de substances dans le but de nous droguer ou de faire en sorte que notre état soit altéré. Nous discuterons des façons moins nocives et plus sûres de consommer, que l’on appelle aussi l’approche de réduction des risques.
qu’est-ce que la consommation de substances ?
La consommation de substances signifie que l’on ingère différents types de drogues de différentes manières. Cela peut comprendre la caféine, l’alcool ou les médicaments, mais aussi d’autres drogues comme la nicotine, la cocaïne, la méthamphétamine, le cannabis, le fentanyl et l’héroïne. Certaines de ces substances sont légales et d’autres ne le sont pas. Certaines se présentent sous la forme de médicaments prescrits par un médecin pour nous aider à nous sentir mieux (médicaments d’ordonnance). D’autres sont en vente libre ou disponibles sans ordonnance, comme le sirop contre la toux ou les comprimés de TylenolTM. On consomme certaines d’entre elles par voie orale, d’autres se fument ou se vapotent. D’autres sont injectées ou inhalées (sniffées).
Des substances peuvent avoir des effets à court terme, par exemple améliorer l’humeur, détendre ou même donner de l’énergie. Elles peuvent également avoir des effets qui provoquent un sentiment d’anxiété ou de déprime. Elles peuvent présenter un risque de surdose ou d’intoxication (lorsqu’une quantité toxique d’une drogue, ou une combinaison de drogues, surcharge l’organisme et peut entraîner la mort), ou nuire à la santé.
Il n’est pas rare que des gens essaient des substances comme le cannabis, l’alcool et d’autres drogues. Bien souvent, ils n’essaient ces substances qu’une seule fois ou n’en consomment que rarement. La plupart des jeunes qui boivent ou consomment d’autres substances ne se mettent pas à le faire régulièrement. Cependant, pour certains, cette consommation régulière peut entraîner des troubles légers, modérés ou graves liés à la consommation de substances.

QU’EST-CE QUE LE CONTINUUM DE LA CONSOMMATION DE SUBSTANCES?
Les gens consomment toutes sortes de substances, en quantités différentes, pour diverses raisons. Il peut être bon d’en apprendre davantage sur le continuum (ou l’étendue) de la consommation de substances pour mieux comprendre sa propre consommation. Tu pourras alors voir si tu as besoin d’aide pour changer ton rapport à la substance de ton choix (la substance que tu consommes le plus ou que tu aimes le plus).
Notre consommation de substances est un continuum qui peut changer de jour en jour, de semaine en semaine et d’année en année, selon ce qui se passe dans notre vie. Il en va de même pour notre santé mentale. On peut avoir un diagnostic lié à la santé mentale et se sentir heureux. On peut aussi ne pas en avoir et éprouver des difficultés émotionnelles. En fonction de ce qui se passe dans notre vie, notre humeur peut changer de même que notre consommation de substances.
Le continuum de la consommation de substances décrit les différents stades de la consommation. Ces stades vont d’aucune consommation à un risque de consommation plus élevé, mais cela ne signifie pas que tu passeras par tous les stades ou que ta consommation passera d’un stade à l’autre. Il se peut que tu commences à consommer et que tu arrêtes, que tu consommes une substance plus dangereuse et une autre de manière occasionnelle, que tu commences à consommer pour une raison et que tu continues pour une autre, que tu commences parce que cela te semble amusant et que tu continues parce que tu as l’impression de ne pas pouvoir t’arrêter ou parce que tu seras en sevrage si tu t’arrêtes. Une substance qui semble bénéfique peut également avoir des effets néfastes, ainsi que des conséquences imprévues ou des effets secondaires.
- Ne pas consommer signifie ne pas boire d’alcool, ne pas fumer de tabac et ne pas consommer d’autres substances pendant une certaine période. Cela peut changer en tout temps.
- La consommation bénéfique consiste à prendre une substance, comme un médicament, qui a été prescrite. Le médicament est bénéfique pour la personne et lui permet de se sentir mieux. Il peut s’agir, par exemple, d’une ordonnance prescrite pour elle. Cela peut aussi être du tabac médicinal qu’elle consomme dans le cadre de ses pratiques culturelles de guérison.
- La consommation occasionnelle ou à moindre risque consiste à consommer des substances sans que celles-ci aient d’effets majeurs sur la santé ou la vie sociale. Il est probable que la consommation ne soit pas fréquente et que les quantités consommées soient faibles. Les substances consommées ne présentent pas de risques élevés et ne sont pas nocives.
- La consommation régulière ou à risque élevé est celle qui commence à avoir des effets négatifs sur la personne, ses ami·es et sa famille, ou sur d’autres personnes. Voici quelques exemples : perdre son permis de conduire pour conduite en état d’ivresse, manquer un quart de travail ou un examen parce qu’on est intoxiqué·e ou qu’on a la gueule de bois, boire de façon excessive ou mélanger différentes substances, consommer des substances plus souvent ou en plus grande quantité pour obtenir le même effet.
- Les troubles liés à la consommation de substances peuvent aller de légers à graves. La forme grave est ce que l’on appelle la dépendance. C’est lorsqu’on consomme beaucoup, comme si le corps avait besoin de la drogue pour se sentir normal (dépendance physique) ou pour fonctionner normalement. Il arrive qu’on pense ou qu’on ait l’impression de ne pas pouvoir s’arrêter, même si on sait que la drogue a des effets néfastes. Il est possible qu’on cesse de participer à des activités sociales ou récréatives importantes pour consommer des substances à la place.
LA DÉPENDANCE
La dépendance physique est lorsqu’on s’habitue à une drogue après l’avoir consommée régulièrement et que l’on ressent des symptômes de sevrage lorsqu’on arrête de le faire. Elle est souvent liée à une tolérance accrue (une dose plus élevée est nécessaire pour obtenir le même effet qu’auparavant).
Les troubles liés à la consommation de substances ou la dépendance désignent généralement la consommation compulsive de substances, même si elles ont des effets néfastes. Il peut arriver qu’une personne ne soit pas en mesure d’assumer ses responsabilités à l’école ou au travail, avec sa famille et dans sa vie sociale. Au lieu de cela, elle ne pense plus qu’à la substance qu’elle consomme. Elle en a envie et continue à en consommer même si elle sait que ce n’est pas bon pour elle. Même les médicaments prescrits peuvent créer une dépendance. Mais le fait qu’une personne devienne ou non dépendante dépend de nombreux facteurs, comme sa génétique, son mode de vie, et la possibilité d’apporter des changements dans sa vie et faire les choses différemment. Pour en savoir plus sur la dépendance, tu peux lire ceci ou regarder cette vidéo.
La consommation de substances peut devenir nocive si :
- tu commences à consommer des substances à un âge précoce et tu continues à en consommer fréquemment;
- tu as des problèmes de santé mentale;
- tu consommes plus d’une substance à la fois;
- tu ne te rends pas compte des effets des substances sur ta vie (par exemple, des ami·es qui te disent de réduire ta consommation);
- tu sens que tu ne peux pas arrêter par toi-même;
- tu consommes autant que tu le peux (consommation excessive) quand tu le fais;
- tu ne peux pas t’amuser autrement;
- tu dois être drogué·e pour faire face à des situations difficiles.
La consommation de substances peut avoir des conséquences néfastes sur la santé qui sont parfois de courte durée; c’est-à-dire qu’elles disparaissent de ton organisme et ne durent pas longtemps. D’autres fois, ces conséquences peuvent être à long terme et nuire à ta santé globale à mesure que tu vieillis. On ne connaît pas encore les effets à long terme sur la santé de certaines des nouvelles substances synthétiques.
LES MÉDICAMENTS D’ORDONNANCE ET UN LIEU SÛR OÙ LES RANGER
Tu prends peut-être des médicaments qui t’ont été prescrits par ton médecin ou un autre professionnel de la santé pour prévenir ou traiter une maladie. Cependant, il se peut que tu prennes des médicaments prescrits à des fins récréatives, pour les raisons suivantes :
- ils te font te sentir bien;
- ils modifient ton état de conscience;
- ils te font perdre du poids;
- ils t’aident à mieux te concentrer à l’école;
- ils te donnent l’impression de mieux t’intégrer à ton groupe d’ami·es;
- tu es simplement curieux·se de les essayer.
Bien des gens pensent que tous les médicaments sont sans danger, mais ce n’est pas forcément vrai. Par exemple, il peut être dangereux de prendre un médicament qui a été prescrit à un·e ami·e ou à un·e membre de sa famille, de la même façon qu’il est dangereux d’acheter un médicament d’ordonnance dans la rue. C’est parce que le médecin a prescrit le médicament à une dose ou une quantité qui convient à cette personne en particulier. Le médecin a probablement examiné la personne et connaît son état de santé général. Il lui a indiqué comment prendre le médicament et ce qu’il faut éviter pendant la durée du traitement. Lorsque l’on achète un médicament d’ordonnance dans la rue, il est important de considérer que ce n’est peut-être pas le médicament que l’on croit.
Il faut veiller à conserver les médicaments prescrits, comme les opioïdes, en lieu sûr, dans leur emballage d’origine. Ils doivent être tenus hors de portée des enfants et des animaux domestiques. Il ne faut pas les laisser sur le comptoir de la cuisine ou dans l’armoire de la salle de bain. On peut les mettre sous clé dans une armoire ou un coffre-fort. Si l’on ne dispose pas de ce type de dispositif de sécurité, on peut acheter une boîte peu coûteuse munie d’une clé ou d’un code numérique. Dans le cas des pilules, il faut les compter régulièrement pour s’assurer qu’aucune d’entre elles ne disparaît sans que l’on s’en aperçoive.
RÉDUIRE LES RISQUES LIÉS À LA CONSOMMATION DE SUBSTANCES
La réduction des risques liés à la consommation de substances consiste à réduire les effets néfastes de la consommation de drogues sans pour autant y mettre un terme. Cela signifie que l’on consomme d’une manière plus sûre, ou d’une manière qui cause moins de dommages physiques ou émotionnels. Cela peut vouloir dire réduire sa consommation pendant un certain temps, même si l’on recommence à consommer ensuite. On peut réduire les risques de plusieurs façons.
Dans de nombreuses régions de la Colombie-Britannique et du Canada, le tabac naturel fait partie intégrante de la culture autochtone et il est toujours utilisé aujourd’hui dans des rituels, des cérémonies et des prières. Le tabac est considéré comme une plante sacrée ayant de grandes vertus curatives et spirituelles, qui doit être traitée avec respect dans les situations traditionnelles. Cependant, si tu fumes du tabac de manière non traditionnelle, réduire le nombre de cigarettes peut être un bon début. Fumer est toujours nocif, mais fumer moins réduit certains de ces effets néfastes.
Un moyen de réduire les risques lorsqu’on s’injecte des opioïdes ou d’autres drogues illicites est de se rendre dans un centre d’injection supervisée (également appelé centre de consommation supervisée). C’est là que l’on peut faire analyser ses drogues, que l’on peut intervenir en cas de surdose, que l’on peut recevoir des soins de base pour les plaies et que l’on peut être mis en contact avec des services communautaires. Les centres de consommation supervisée donnent accès à du matériel propre (aiguilles, filtres, eau) qui contribue à prévenir des maladies comme le VIH, l’hépatite et d’autres infections transmises par le sang. Si une surdose se produit dans un centre supervisé, un·e professionnel·le formé·e peut administrer de la naloxone et prodiguer les premiers soins, ce qui réduit le risque d’une surdose mortelle. On n’a recensé aucun décès par surdose dans un centre de consommation supervisée, où que ce soit dans le monde. Dans ces centres, il est possible de se renseigner sur d’autres services comme la gestion du sevrage et le counseling en matière de dépendance. Ainsi, on peut obtenir des renseignements sans se sentir jugé·e.
Les façons plus sûres de consommer
Voici quelques conseils pour réduire les risques si tu consommes des substances :
Avant de consommer des substances :
- Évite d’être seul·e. Prévois de consommer avec d’autres personnes en qui tu as confiance et qui veilleront sur toi, et toi sur elles. Ensuite, consommez à tour de rôle ou prévoyez qu’une personne ne consomme pas du tout, de sorte que si l’un·e d’entre vous fait une surdose, quelqu’un sera en mesure de l’aider. Discute de ce que tu es prêt·e ou non à faire lorsque tu consommes et mettez-vous d’accord. Tu peux aussi dire à quelqu’un où tu es et lui demander de t’appeler ou de t’envoyer un texto toutes les quelques minutes pour voir comment tu vas. S’il n’y a personne en qui tu as confiance, utilise l’application Lifeguard ou rends-toi dans un centre d’injection supervisée au lieu de consommer seul·e. Tu peux aussi appeler ou clavarder en ligne avec la ligne d’assistance Never Use Alone, accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 au 1-800-484-3731.
- Reconnais les signes d’une surdose (intoxication aux drogues). Sois capable de reconnaître les signes d’une surdose et de composer le 9-1-1 si tu as besoin d’aide.
- Voici les signes d’une surdose : une perte de conscience, être éveillé·e, mais incapable de parler, une respiration qui est très lente, qui est irrégulière ou qui s’arrête, un changement du teint, un bruit d’étouffement ou de gargouillement ressemblant à un ronflement, des vomissements, un rythme cardiaque ralenti, irrégulier ou absent.
- Fais analyser tes drogues. Tu peux apporter tes drogues à des services de vérification gratuits et anonymes qui te diront si elles sont pures, si elles ne le sont pas ou si elles sont mélangées à d’autres composés chimiques. Ils prendront un échantillon de ta drogue et t’indiqueront ce qu’elle contient. Tu peux aussi te procurer des bandelettes réactives au fentanyl qui indiquent la présence de fentanyl. Le fentanyl est une drogue qui peut provoquer une surdose et que l’on trouve dans différentes substances. Ces bandelettes réactives peuvent révéler la présence de fentanyl dans les drogues sous différentes formes, notamment les pilules, les poudres et les drogues injectées. Pour savoir où faire vérifier tes drogues et comment cela fonctionne, consulte le site drugcheckingbc.ca.
- Procure-toi de la naloxone, apprends à l’utiliser et garde-la toujours sur toi. Tu peux utiliser la naloxone en cas de surdose de drogues telles que le fentanyl et la codéine. La naloxone peut inverser les effets des opioïdes en cas de surdose de drogues telles que le fentanyl et la codéine. Tu peux te procurer une trousse de naloxone dans la plupart des pharmacies. Regarde la vidéo pour savoir comment utiliser la naloxone sur le site towardtheheart.com.
- Planifie l’endroit où tu passeras la nuit et comment tu rentreras chez toi. Prévois de consommer à la maison ou dans un endroit familier. Si tu consommes ailleurs, prévois comment tu rentreras chez toi ou comment tu trouveras un endroit sûr où rester. Tu dois savoir où trouver le téléphone ainsi que de l’eau et de la nourriture. Cela permettra de réduire ton anxiété et les autres symptômes qui peuvent survenir quand on consomme des substances dans un nouvel endroit.
- Garde du matériel neuf à portée de main. Garde du matériel comme des aiguilles propres, des préservatifs et d’autres articles à portée de main pour réduire les risques. Tu peux obtenir du matériel neuf gratuitement dans les cliniques pour les jeunes et de santé sexuelle. Renseigne-toi à un centre de consommation supervisée près de chez toi pour obtenir du nouveau matériel.
- Si tu es enceinte ou si tu allaites, discute avec ton/ta professionnel·le de la santé des moyens de réduire les risques pour toi et ton bébé. Les substances peuvent parvenir à un fœtus en développement ou à un bébé par le lait maternel.
Si tu consommes :
- Commence avec de petites quantités et vas-y doucement. Si tu n’as pas consommé depuis un certain temps, consomme moins qu’auparavant. Le fait de consommer la même quantité peut augmenter ton risque de surdose si tu n’as pas développé une tolérance à la drogue. La tolérance se produit lorsque tu as besoin d’une quantité de drogue de plus en plus grande pour ressentir le même effet. Tu perds ta tolérance lorsque tu ne consommes pas, alors consomme moins que d’habitude et augmente petit à petit. Une autre personne peut avoir une tolérance aux drogues et une expérience différente des tiennes. Pour savoir où faire vérifier tes drogues et comment cela fonctionne, consulte le site drugcheckingbc.ca.
Si tu consommes pour la première fois, commence par une méthode faisant en sorte que la drogue met plus de temps pour atteindre ton cerveau. Boire ou manger une substance est considéré comme une méthode « plus lente » parce qu’il faut du temps pour que la drogue soit digérée et atteigne ensuite ton cerveau. Alors que fumer, sniffer ou s’injecter la drogue fait parvenir la substance à ton cerveau en quelques secondes. Ces méthodes peuvent augmenter le risque de surdose.
- Mange et bois de l’eau avant et pendant que tu bois de l’alcool.
- Ne conduis pas et n’utilise pas de machinerie si tu as les capacités affaiblies, et ne monte pas dans une voiture avec une autre personne pour laquelle c’est le cas! Prends un taxi, Uber, l’autobus, ou demande à un·e ami·e sobre de venir te chercher.
- Évite les mélanges. Essaie une drogue à la fois. Tu ne sais peut-être pas comment ton corps va réagir, et si tu mélanges des substances, cela peut provoquer des interactions dangereuses. Voici quelques substances qui, lorsqu’elles sont prises ensemble, sont connues pour avoir des interactions néfastes : les antidépresseurs et l’ecstasy, le Valium et les opioïdes, comme l’OxyContin ou le Vicodin, les médicaments d’ordonnance lorsque tu consommes une autre drogue, l’alcool lorsque tu consommes une autre drogue.
Si tu choisis de mélanger des drogues et l’alcool, rappelle-toi qu’il est préférable de consommer des drogues avant de boire de l’alcool. Lorsque tu as bu quelques verres, ton jugement quant à la quantité que tu peux consommer sans danger peut être altéré, ce qui peut entraîner toutes sortes de risques. Pour en savoir plus sur les mélanges de médicaments, d’alcool et de drogues, consulte le site drugcocktails.ca.
- Consomme dans un endroit confortable et familier. Tu es plus susceptible de prendre des décisions calmement, et de te sentir moins bousculé·e ou sous pression.
- Repose-toi. Si tu ne dors pas suffisamment, tu risques d’avoir des hallucinations ou d’éprouver un sentiment de détresse en consommant des substances. Tu pourrais même te retrouver à l’hôpital. Même si tu n’arrives pas à dormir, il est important de te reposer.
Après avoir consommé :
- Prends des nouvelles des ami·es avec lesquels tu as consommé. Envoie-leur un texto ou appelle-les pour savoir si iels vont bien. Il est bon de s’assurer qu’iels vont bien.
- Jette le matériel utilisé de façon sécuritaire, comme les aiguilles, en les mettant dans un contenant muni d’un couvercle. Tu peux trouver des bacs à déchets dans les centres de consommation supervisée ou dans la plupart des établissements de soins de santé.
QU’EST-CE QUE LA DÉCRIMINALISATION?
Les substances peuvent notamment être classées selon qu’elles sont considérées comme étant criminalisées ou non. Cela veut dire que lorsque les drogues sont criminalisées, les gens peuvent être arrêtés, accusés, condamnés à une amende ou se voir confisquer leurs drogues. Par le passé, les drogues illégales étaient aussi criminalisées. Du 1er avril 2023 au 31 janvier 2026, la Colombie-Britannique a décriminalisé certaines drogues. De ce fait, pour cette période, la province a éliminé les sanctions pénales pour la possession de petites quantités (2,5 grammes ou moins) de drogues pour un usage personnel.
Voici les drogues décriminalisées :
- les opioïdes (comme l’héroïne et le fentanyl);
- la cocaïne (poudre ou crack);
- les méthamphétamines (meth);
- la MDMA (ecstasy).
La décriminalisation ne signifie pas la légalisation.
La décriminalisation ne s’applique pas à tous. Ces groupes ne sont pas autorisés à posséder des substances illégales, quelle qu’en soit la quantité :
- les jeunes de 17 ans et moins;
- les personnes qui se trouvent sur les terrains d’un service de garde autorisé ou d’une école primaire et secondaire.
La décriminalisation vise à réduire les répercussions de la crise des drogues toxiques. Elle a pour but d’éliminer le sentiment de honte et la stigmatisation liés à la consommation de substances et d’aider les gens à trouver d’importants services sociaux et de santé.
La consommation de substances n’est pas nécessairement nocive et elle peut faire partie de notre vie de bien des façons. Si tu comprends les substances que tu consommes, ton rapport avec celles-ci, où tu te situes dans le continuum et les façons de bien gérer ta consommation, tu pourras faire le nécessaire pour maintenir ton bien-être général au quotidien.
LES TYPES DE SUBSTANCES
Il existe de nombreux types de substances, notamment l’alcool, les dépresseurs, les hallucinogènes, les opioïdes et les stimulants. Chacun d’entre eux a des effets variables qui peuvent provoquer des réactions, et nécessite différentes façons de réduire les risques lorsqu’on les consomme. Lis cette section pour en apprendre davantage sur les types de substances et sur la façon dont chacun d’entre eux peut avoir des effets sur le corps humain. Découvre ce qu’il faut faire pour veiller à ta sécurité en cas de surdose.
Il existe de nombreux types de substances, notamment l’alcool, les dépresseurs, les hallucinogènes, les opioïdes et les stimulants. Chacun d’entre eux peut avoir des effets variables qui peuvent provoquer des réactions différentes, et nécessitent des façons différentes de réduire les risques lorsqu’on les consomme.
Les stimulants ou uppers
Exemples : amphétamines ou speed (Ritalin, Concerta, Adderall, Vyvanse), méthamphétamine en cristaux, cocaïne (coke ou crack), nicotine (tabac), caféine, MDMA (Molly ou ecstasy)
Les stimulants sont des uppers. Ils stimulent le cerveau et accélèrent les messages qui vont du cerveau au corps. Ils activent ainsi le système nerveux central.
Les effets désirés
Voici les effets que de nombreuses personnes recherchent dans les stimulants :
- éprouver une sensation d’euphorie ou se sentir très heureux·euse;
- avoir plus d’énergie;
- se sentir plus sûr·e de soi;
- avoir plus de libido;
- ressentir plus de plaisir lors des rapports sexuels;
- pouvoir rester éveillé·e;
- se sentir « désinhibé·e » ou confiant·e, puissant·e et énergique;
- perdre du poids;
- terminer l’école ou le travail ou y rester concentré·e.
(Remarque : Les médicaments pour traiter le TDAH peuvent avoir l’effet inverse des stimulants traditionnels lorsqu’ils sont utilisés correctement. Ils peuvent rendre les personnes ayant reçu un diagnostic de TDAH plus calmes et plus concentrées.)
Les signes indiquant qu’on est high ou intoxiqué·e
Les stimulants peuvent donner une sensation d’euphorie. L’intoxication aux stimulants se produit lorsqu’une drogue stimulante augmente ou exagère les réactions d’une personne. Elle peut sembler avoir des réactions plus importantes que d’habitude, comme être plus consciente (hyperconscience). La personne peut être plus sexuelle (hypersexuelle) et plus attentive aux menaces éventuelles (hypervigilante). Elle peut également se sentir agitée et anxieuse et bouger beaucoup sans le vouloir (agitation psychomotrice).
Surdose ou intoxication à la drogue
Voici les signes d’une surdose :
- avoir une température corporelle très élevée (hyperthermie);
- voir ou entendre des choses qui ne sont pas réelles (devenir paranoïaque ou psychotique) ou avoir des hallucinations;
- avoir des convulsions, des sueurs, de violents maux de tête;
- avoir besoin d’uriner plus souvent;
- être anxieux·euse et agité·e.
Le terme « situation d’intoxication sévère (overamping) » désigne une surdose de speed ou de cocaïne. Cela peut se produire quelle que soit la quantité consommée ou la durée pendant laquelle la personne a consommé la drogue. En d’autres termes, il n’y a pas vraiment de quantité qui puisse provoquer une surdose. Elle peut résulter de nombreux facteurs, notamment :
- ne pas dormir;
- être épuisé·e parce qu’on n’a pas assez mangé ou bu;
- être avec des personnes qui te mettent mal à l’aise;
- avoir encaissé trop de coups.
L’intoxication aux stimulants est une condition qui peut survenir lorsque l’on prend des stimulants. Il s’agit d’une urgence médicale qui peut être mortelle. Elle peut causer des lésions aux organes, des convulsions, une crise cardiaque, un accident vasculaire cérébral, une insuffisance rénale, etc.
Bien que les effets d’une surdose de cocaïne s’apparentent à ceux du speed (amphétamine), la coke (cocaïne) est plus susceptible de provoquer un accident vasculaire cérébral, une crise cardiaque et des convulsions.
Les symptômes de sevrage
Le sevrage est ce qui se produit lorsqu’une personne arrête subitement de consommer une substance après l’avoir consommée régulièrement. Il est important de se rappeler que les symptômes de sevrage sont à l’opposé de l’euphorie que l’on ressent lorsqu’on consomme la substance. Les symptômes de sevrage des stimulants sont un besoin excessif de sommeil, un gain d’appétit et une plus grande envie de consommer. Il arrive souvent que la personne manque d’énergie et se sente déprimée.
Conseils pour réduire les risques
Voici quelques conseils pour réduire les risques lorsque tu consommes des stimulants :
- consomme moins;
- consomme dans des centres d’injection supervisée;
- utilise des aiguilles et du matériel propres;
- fais analyser tes drogues pour vérifier si elles ne sont pas mélangées à d’autres contaminants, comme le fentanyl ou des composés chimiques dangereux.
Pour obtenir des conseils généraux de sécurité, consulte la section L’essentiel sur la consommation de substances.
Les dépresseurs ou les sédatifs
Exemples : alcool, benzos (Xanax, Valium), GHB.
Les dépresseurs sont des sédatifs. Ils ralentissent les messages envoyés et reçus entre le système nerveux central et le cerveau.
L’ALCOOL
On peut choisir de boire pour obtenir plusieurs effets différents. Certains veulent soulager leur douleur ou se sentir bien. D’autres peuvent boire pour se détendre et mieux faire face aux difficultés ou pour se sentir plus à l’aise dans des situations sociales. L’alcool a toutefois un effet différent sur chacun·e, de sorte que ce qui est excessif pour une personne peut ne pas l’être pour une autre. L’intoxication, ou une consommation excessive d’alcool, peut également produire d’autres effets moins souhaitables. Certaines personnes deviennent très fatiguées ou somnolentes et leurs réactions et réflexes sont plus lents. D’autres deviennent agressives ou colériques alors que ce n’est pas dans leurs habitudes. Certaines personnes ont un discours calomnieux ou vomissent. Les autres effets possibles sont la difficulté à marcher droit, la confusion et le fait de ne plus savoir ce que l’on ne devrait « normalement » pas faire (désinhibition).
Surdose ou intoxication à la drogue
Voici les signes d’une surdose ou d’une intoxication à l’alcool :
- perdre conscience;
- avoir de la difficulté à respirer (dépression respiratoire);
- s’évanouir en raison d’une perte d’oxygène (asphyxie);
- oublier des choses qui se sont produites en état d’ébriété (« perte de mémoire attribuable à l’alcool »);
- coma.
Les symptômes de sevrage
Le sevrage est ce qui se produit lorsqu’une personne arrête subitement de consommer une substance après l’avoir consommée régulièrement. Les symptômes de sevrage de l’alcool sont l’anxiété, l’agitation et la dépression. D’autres signes sont l’endormissement, les tremblements, la transpiration, les vomissements, les hallucinations et la déshydratation. Les symptômes de sevrage sont différents de la gueule de bois, qui peut survenir après une nuit de forte consommation d’alcool (consommation excessive d’alcool, c’est-à-dire 5 verres standard ou plus pour un homme biologique et 4 verres standard ou plus pour une femme biologique).
Conseils pour réduire les risques
- Évite de boire à jeun. Mange et bois de l’eau avant et pendant que tu bois de l’alcool.
- Évite les jeux d’alcool qui peuvent t’amener à consommer une grande quantité d’alcool en peu de temps.
- Essaie de boire une boisson non alcoolisée en alternance avec une consommation d’alcool, comme une boisson gazeuse, du kombucha ou un cocktail sans alcool.
- Ne bois pas si tu prends des médicaments qui interagissent avec l’alcool (consulte le site drugcocktails.ca pour en savoir plus).
LES BENZODIAZÉPINES
Les benzodiazépines ou benzos, comme le Xanax et le Valium, sont des sédatifs ou des tranquillisants. Ils sont parfois prescrits pour détendre les muscles tendus, traiter le sevrage d’alcool ou prévenir les convulsions. Ils sont également utilisés pour endormir les gens avant une intervention chirurgicale ou dentaire. Certaines personnes peuvent prendre des benzos pour traiter l’insomnie ou l’anxiété, même s’ils ne sont plus le premier traitement recommandé.
Surdose ou intoxication à la drogue
Les benzos peuvent être dangereux lorsqu’ils sont mélangés à d’autres drogues comme la méthadone (opioïdes). Les signes de surdose sont une sédation extrême et un type d’amnésie qui empêche de former de nouveaux souvenirs (amnésie antérograde). Les benzos sont sans danger lorsqu’ils sont prescrits pour une personne et qu’ils ne sont utilisés qu’occasionnellement ou pendant de courtes périodes.
Comme toute drogue, les benzos peuvent créer une dépendance si l’on en consomme plus régulièrement. Une personne peut commencer à avoir envie de consommer la drogue ou avoir besoin de prendre une dose plus élevée à mesure que sa tolérance augmente (elle a besoin d’une quantité de plus en plus importante de la drogue pour obtenir le même effet).
Les symptômes de sevrage
Si tu consommes des benzos régulièrement et que tu arrêtes subitement, tu peux présenter des symptômes de sevrage. Ceux-ci peuvent se manifester par des maux de tête, de l’insomnie, des difficultés de concentration, des tremblements et une perte d’appétit. Si tu arrêtes de prendre des benzos après en avoir consommé régulièrement de fortes doses, tu peux avoir des convulsions, délirer (pensées confuses), être agité·e ou paranoïaque (comme croire que tu es menacé·e alors que ce n’est pas le cas).
Conseils pour réduire les risques
Ne les mélange pas avec d’autres sédatifs. Il a été découvert que la « benzo dope » (combinaison d’opioïdes et de benzodiazépines non prescrites), qui est une drogue illicite, contient une combinaison mortelle d’opioïdes et de benzos.
Le GHB
Le GHB est parfois appelé Gina, G ou Tina (lorsqu’il est mélangé à de la méthamphétamine en cristaux). C’est un sédatif puissant qui peut rendre une personne inconsciente ou la plonger dans un sommeil profond. Il peut être très dangereux et entraîner la mort lorsqu’il est consommé avec de l’alcool ou d’autres drogues. Dans les années 1990, on appelait le GHB une « drogue de club » et, plus récemment, une « drogue du viol », faisant référence aux incidents au cours desquels le GHB a été mis secrètement dans les boissons de certaines personnes pour les rendre inconscientes et incapables de se souvenir d’une agression sexuelle ou d’y résister.
Surdose ou intoxication à la drogue
Dans le cas du GHB, on n’observe qu’une légère différence entre une dose qui produit l’effet désiré et une dose qui provoque une surdose. Une dose à peine trop élevée de cette drogue peut être fatale. La combinaison du GHB et de l’alcool ou d’autres drogues augmente le risque de surdose et d’autres effets dangereux, dont la mort.
Les symptômes de sevrage
Le GHB crée une dépendance et peut entraîner une tolérance et une dépendance physique. La dépendance physique se produit lorsque ton corps a besoin de la drogue pour se sentir normal, avoir les idées claires et contrer les symptômes de sevrage. Tu peux être en sevrage si tu arrêtes subitement de consommer la drogue. Les symptômes de sevrage sont l’anxiété, les tremblements, l’incapacité à dormir et d’autres effets désagréables et dangereux, notamment la paranoïa accompagnée d’hallucinations et de l’hypertension artérielle.
Conseils pour réduire les risques
Évite de consommer seul·e. Commence par essayer une toute petite quantité avant d’en prendre davantage. Ne prends pas de GHB avec de l’alcool ou d’autres drogues.
LES OPIOÏDES OU LES ANTIDOULEURS
Exemples : fentanyl, down, héroïne, Dilaudid (dillies), oxycodone et Percocet (également connus sous le nom d’oxys et de percs).
Les médicaments opioïdes sont généralement prescrits pour aider les gens à gérer leur douleur et ils peuvent donner une meilleure qualité de vie aux personnes souffrant de graves douleurs. Ils sont également disponibles en vente libre sous une forme beaucoup plus douce qui ne nécessite pas d’ordonnance, comme le Tylenol 1. Ces médicaments peuvent toutefois avoir des effets néfastes.
Si on les prend régulièrement, ils peuvent causer des effets néfastes involontaires, comme :
- conduire avec les facultés affaiblies;
- s’absenter du travail;
- nuire à des relations importantes.
Consommer régulièrement des opioïdes peut créer une dépendance physique ou émotionnelle et entraîner une surdose.
Surdose ou intoxication à la drogue
Les opioïdes changent la façon dont les gens ressentent la douleur. Ils ralentissent la respiration, le rythme cardiaque, les pensées et les gestes. Si une personne en prend plus que ce que son corps peut supporter (tolérer), elle peut cesser de réagir et devenir inconsciente. Une surdose peut entraîner la mort, car la drogue interfère avec les parties du cerveau responsables de la respiration.
Il est difficile de dire quelle quantité d’une drogue peut causer une surdose. Cela dépend de beaucoup de choses, comme de la drogue, de la quantité et de la fréquence. Tout dépend de ce à quoi le corps est habitué (degré de tolérance).
Les causes de surdoses sont souvent les suivantes :
- prendre souvent de fortes doses;
- s’injecter la drogue;
- prendre un opioïde en même temps que des somnifères, des benzos ou des relaxants musculaires;
- consommer alors que l’on souffre d’autres problèmes de santé (difficultés respiratoires, maladies rénales ou hépatiques).
Si tu veux en savoir plus, tu peux trouver plus d’informations sur comment reconnaître une surdose et intervenir dans cette situation.
Les symptômes de sevrage
Les symptômes de sevrage liés à la consommation d’opioïdes sont les nausées, les maux de tête, la nervosité, l’anxiété et l’irritabilité. Les personnes ressentent souvent des frissons et des douleurs musculaires, en alternance. Elles deviennent obsédées par l’idée de se procurer la drogue.
Conseils pour réduire les risques
Voici quelques conseils pour réduire les risques liés aux opioïdes :
- ne pas consommer seul·e;
- avoir une trousse de naloxone à portée de main et savoir comment l’utiliser;
- ne pas les mélanger avec de l’alcool ou d’autres drogues;
- prendre d’abord une petite quantité pour voir comment la substance est forte.
LES HALLUCINOGÈNES OU LES PSYCHÉDÉLIQUES
Exemples : cannabis, LSD, MDMA (Molly ou ecstasy), kétamine, champignons magiques
[Note : La MDMA (Molly ou ecstasy) est à la fois un stimulant et un hallucinogène. Pour en savoir plus sur la MDMA, consulte la section sur les stimulants ou les uppers.]
De nombreuses drogues différentes sont classées comme des hallucinogènes ou des « psychédéliques ». Ces substances changent la façon dont tu vois, entends, goûtes, sens ou ressens les choses. Elles modifient l’humeur et la pensée. La façon dont ces drogues font sentir les gens dépend de la drogue en question, de la quantité consommée et de la fréquence à laquelle elle l’est. Cela dépend également de ton âge, de ta santé physique ou mentale et de si tu consommes aussi de l’alcool ou d’autres drogues (ce qui inclut tout, des médicaments d’ordonnance aux médicaments en vente libre et aux remèdes à base de plantes).
Il est important de noter que le contexte a un grand effet sur ta réaction lorsque tu prends des drogues hallucinogènes. L’expérience peut être plus problématique lorsque tu ne peux pas contrôler l’endroit ou le moment où tu consommes ce type de drogues ainsi que la façon dont tu le fais. Tu peux ressentir de la peur et de l’anxiété. Tu peux consommer ces drogues plus confortablement dans un milieu contrôlé et calme, avec des ami·es de confiance. Cependant, il est important de savoir exactement quelles drogues et doses tu consommes. Il est difficile de prévoir comment quelqu’un peut réagir à ces drogues, alors commence lentement et ne fais pas de mélange.
Les hallucinogènes sont communément divisés en deux groupes :
- les hallucinogènes classiques, comme le LSD, les champignons magiques (psilocybine) et la MDMA (Molly ou ecstasy);
- les hallucinogènes dissociatifs, comme la kétamine.
Certains hallucinogènes sont synthétiques et d’autres ne le sont pas.
LE CANNABIS
Le cannabis est le nom scientifique du chanvre. Ses feuilles et fleurs, souvent appelées marijuana, contiennent une résine psychoactive qui peut affecter notre façon de penser, de ressentir les choses et d’agir. Le cannabis peut se présenter sous différentes formes :
- la marijuana (feuilles et fleurs, ou « bourgeons », séchés);
- le haschisch ou hasch (résine pressée à partir de fleurs et de feuilles);
- l’huile de haschisch (résine concentrée extraite avec un solvant).
Le cannabis est généralement fumé, mais il peut également être vaporisé ou consommé dans des aliments, des boissons ou un concentré. Les effets du cannabis peuvent être très différents d’une personne à l’autre. Une personne peut se sentir détendue, une autre pleine d’énergie, et une autre anxieuse. Parfois, la même personne aura une expérience différente à une autre occasion. Cela dépend en grande partie du type, de la quantité et de la variété de plantes que tu consommes à un moment donné. D’autres facteurs qui influent sur ta réaction comprennent tes expériences de consommation antérieures ainsi que ton humeur et ton environnement actuels. Ta réaction dépend également de ta biochimie, de ton humeur ou de ton état d’esprit, de ta santé mentale et physique et de ton alimentation.
Beaucoup de gens qui consomment du cannabis socialement disent que cela les aide à se détendre et à augmenter leur sentiment de bien-être. Cependant, certaines personnes peuvent se sentir anxieuses après avoir consommé du cannabis, ce qui peut affecter leurs interactions avec les autres. De plus, pendant quelques heures après avoir fumé un joint, une personne peut avoir du mal à se souvenir de certaines choses, ce qui peut avoir une incidence sur les amitiés. La consommation de cannabis peut également augmenter le risque de prendre de mauvaises décisions, comme conduire avant que les effets ne se soient complètement dissipés. Et bien que le cannabis puisse aider à soulager le stress ou l’anxiété, continuer à l’utiliser comme stratégie d’adaptation peut nuire à notre santé et à nos relations. La consommation régulière de cannabis par des jeunes comporte des risques particuliers. Le cannabis peut interférer avec le développement normal du cerveau, tout comme d’autres drogues psychoactives. Une consommation précoce peut également perturber le développement des modes d’interactions sociales normaux avec nos pairs. Pour en savoir plus sur ta relation avec le cannabis, consulte le lien suivant : Le cannabis et toi.
Surdose ou intoxication à la drogue
Le risque de surdose dépend de la drogue que la personne a consommée et de la quantité prise. Le syndrome d’hyperémèse cannabinoïde est une affection rare qui peut survenir chez les personnes qui consomment du cannabis quotidiennement pendant une longue période. Il peut provoquer de graves vomissements, ainsi que d’autres symptômes tels que des nausées et des douleurs abdominales ou à l’estomac.
La consommation de cannabis a été liée à des symptômes psychotiques ou à la psychose chez un petit nombre de personnes. La psychose peut être considérée comme une rupture avec la réalité. Les symptômes comprennent des pensées, des sentiments ou des visions (hallucinations), ou entendre des sons que les autres personnes autour de toi n’ont pas ou n’entendent pas. Il est difficile de distinguer ce qui est réel de ce qui ne l’est pas. Pour la plupart des gens, ces symptômes disparaissent lorsque l’effet de la drogue diminue après plusieurs heures, et leur pensée, leur sensation et leur perception reviennent à la normale. Les symptômes ne reviennent généralement pas, à moins de consommer à nouveau du cannabis. Cependant, tu présentes un risque élevé de problèmes plus graves si un·e membre de ta famille souffre de psychose ou de schizophrénie, surtout si tu développes également une psychose temporaire lorsque tu consommes du cannabis. Il est très important de parler à un·e professionnel·le de la santé de ta consommation si tu es à risque.
Une surdose est plus probable avec les hallucinogènes dissociatifs. Par exemple, de grandes quantités de PCP peuvent entraîner un coma, des convulsions et la mort. Peu importe le type d’hallucinogènes, le risque de surdose découle de l’effet des drogues sur le jugement et l’humeur des gens. Par exemple, les personnes sous l’effet de psychédéliques peuvent perdre leur sens de la réalité et prendre des décisions risquées, ce qui peut les amener à faire des choses qu’elles ne feraient normalement pas, faisant en sorte que ces drogues placent les personnes dans des situations qui peuvent mettre leur vie en danger. Les psychédéliques peuvent également être toxiques lorsqu’ils sont mélangés avec des contaminants, comme d’autres drogues.
Conseils pour réduire les risques
Pour des conseils de réduction des risques pour éviter une surdose et d’autres symptômes graves, consulte les conseils de sécurité à la section L’essentiel sur la consommation de substances.
Les substances et les renseignements que nous avons répertoriés ne représentent que la pointe de l’iceberg. Il existe de nombreuses autres substances et d’autres renseignements sont disponibles pour en apprendre davantage à leur sujet. Il est important de toujours réfléchir soigneusement à la source de ces renseignements pour s’assurer qu’ils sont exacts. Des ressources telles que CAMH et Drug Cocktails sont formidables pour chercher rapidement des substances précises.
LA CONSOMMATION DE SUBSTANCES ET TOI
Chaque personne a sa propre relation avec les substances. Certaines peuvent consommer des substances plus souvent que d’autres, et tout le monde a ses propres raisons de le faire. Si tu penses que la consommation de substances pourrait être nocive pour toi ou pour quelqu’un que tu connais, lis cette section. Elle contient des conseils sur ce que tu peux commencer à remarquer, des façons d’aider à gérer sa consommation et des mesures à prendre pour changer ses habitudes.
Pourquoi les gens consomment
Il est courant que les gens fassent l’expérience de substances. Beaucoup ne les essaient qu’une fois ou les consomment rarement. D’autres peuvent en consommer régulièrement. Tu as peut-être d’abord essayé l’alcool ou une autre drogue parce que tu as trouvé que cela te remontait le moral, te rendait plus détendu ou plus énergique. Peut-être que tu bois du café chaque matin pour te sentir énergique et accomplir des tâches. Certains doivent prendre des médicaments d’ordonnance pour les aider à rester en santé dans leur vie quotidienne. Peut-être que tes ami·es consommaient des drogues et que tu ressentais de la pression pour les essayer pour faire partie du groupe, ou pour ne pas être jugé·e si tu ne faisais pas de même.
Consommer régulièrement des substances peut avoir une incidence sur la manière de nous sentir, de penser et d’agir. Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles les gens consomment des substances et généralement, elles sont liées à la façon dont la personne se sent ou souhaite se sentir. La consommation de substances peut être influencée par la mesure dans laquelle la personne se sent liée aux membres de sa famille, à ses ami·es, aux gens à l’école ou au travail, et à d’autres personnes de sa collectivité. Par exemple, les gens peuvent consommer des substances pour se sentir mieux, plus en contrôle ou moins tristes. Certains choisissent de consommer des substances pour contrer des sentiments ou des pensées par eux-mêmes, comme l’anxiété ou la déprime. Les personnes aux prises avec des symptômes liés à la santé mentale peuvent se tourner vers des substances pour les aider à gérer leur humeur, ou à contrôler les pensées envahissantes ou les incidents effrayants récurrents.
Certaines personnes consomment des substances pour s’insensibiliser par rapport à la discrimination ou à d’autres défis de leur vie. Nous sommes tous·tes affecté·es par les déterminants sociaux de la santé, ou par ce que l’Organisation mondiale de la santé décrit comme des choses non médicales qui affectent notre santé, comme les conditions dans lesquelles nous naissons, grandissons, travaillons, vivons et vieillissons. Ils comprennent les forces et les systèmes qui façonnent les conditions de notre vie quotidienne.
Ce tableau montre combien de situations de la vie peuvent nous causer du stress, créer des défis en matière de santé mentale et influencer notre décision de consommer des substances. Ces facteurs sociaux peuvent inclure des choses comme un emploi du temps chargé, des problèmes financiers, des traumatismes intergénérationnels, du racisme, un groupe d’ami·es qui consomme des substances, ou le fait de s’identifier comme étant de genre ou de sexualité diverse dans un milieu qui ne soutient pas ou ne valide pas un éventail d’expériences.
Pense aux différentes parties de ta vie et à leur effet sur ta consommation de substances.
Depuis des milliers d’années, le tabac naturel a été une partie importante de la culture autochtone dans de nombreuses régions de la Colombie-Britannique et du Canada. Le tabac, le peyotl ou l’ayahuasca ont été utilisés dans des cérémonies par des peuples autochtones dans des contextes significatifs sur le plan culturel depuis des temps immémoriaux. La consommation non traditionnelle de substances peut faire partie du continuum de la consommation de substances, et une consommation régulière de substances peut nécessiter des options de traitement ou de soutien. Il existe des programmes qui fournissent un soutien et des options de guérison, de soins et de médecine efficaces, en respectant la riche histoire de la sagesse et des connaissances des peuples autochtones, notamment :
- des connaissances autochtones par rapport au bien-être comme un équilibre entre la santé physique, mentale, émotionnelle et spirituelle;
- une compréhension selon laquelle le bien-être holistique doit également comprendre les déterminants sociaux, économiques, culturels et environnementaux élargis de la santé.
La guérison de la consommation de substances est un parcours individuel pour chaque personne. Traiter le traumatisme, le deuil et la perte peut être une tâche longue et ardue sans réponses faciles. Pour en savoir plus sur les options de soutien sûres sur le plan culturel, explore les services de soutien au bien-être et à la santé mentale de la Régie de la santé des Premières Nations.
Quelle est l’incidence de la consommation de substances sur ma santé?
La consommation de substances affecte tous les aspects de notre santé : notre santé mentale, notre bien-être spirituel et notre santé physique. L’effet qu’elle a sur nos corps dépend de la drogue que nous consommons et de la quantité que nous prenons. Cela dépend également de la forme et de la taille de notre corps, comme notre rapport muscle/graisse, et de notre état de santé général.
La consommation de substances peut affecter chaque organe de ton corps de différentes façons, comme :
- abaisser ton système immunitaire, ce qui te rend plus susceptible d’avoir des rhumes, la grippe et d’autres maladies;
- retarder ou ralentir la guérison;
- causer des problèmes de sommeil;
- entraîner des problèmes dentaires;
- créer des problèmes de mémoire;
- affecter l’appétit et provoquer une mauvaise alimentation;
- entraîner des dommages aux reins, au foie et au cœur, voire un cancer au fil du temps.
Ce ne sont que quelques-unes des choses qui peuvent se produire si tu consommes des substances. Tu peux les éviter complètement si tu prends des mesures pour réduire les risques pour toi-même lorsque tu consommes. Tu peux peut-être consommer tout de même des substances en toute sécurité en fonction de leur type et de nombreux autres facteurs.
Comment puis-je savoir si ma consommation de substances est problématique?
Parfois, les gens consomment des substances pour les aider à faire face à la douleur, au stress ou aux défis de la vie. Si tu es déprimé·e ou ressens de l’anxiété, ou si tu as de la difficulté à gérer ta colère, tu es peut-être plus susceptible de consommer des substances pour faire face à tes sentiments ou les fuir. Le fait de consommer des substances pour se sentir mieux à court terme peut se transformer en une consommation de substances à plus haut risque au fil du temps. Tu peux éprouver d’autres effets négatifs ou devoir en consommer de plus en plus. Tu peux avoir l’impression que les avantages que tu ressentais auparavant ont disparu. La consommation de substances peut faire en sorte que tu refoules tes émotions et réfrènes la recherche de moyens plus sains de faire face à ce qui te trouble. Cela t’empêche de parler de ton état d’esprit et de ce qui se passe réellement.
La consommation de substances peut devenir un problème au fil du temps dans les situations suivantes :
- tu as essayé d’arrêter ou de réduire ta consommation, mais n’as pas réussi;
- tu as l’impression de devoir consommer;
- tu consommes de plus en plus;
- tu penses toujours à te droguer;
- tu ne sembles pas pouvoir contrôler la quantité que tu consommes;
- tu as l’impression que ta consommation de substances est la seule chose dans ta vie qui te rende heureux ou heureuse;
- tu caches ta consommation de substances;
- tu réalises que ta consommation de substances a des effets négatifs sur d’autres aspects de ta vie (école, relations, santé);
- tu as commencé à consommer des substances quand tu étais jeune et continues à en consommer fréquemment, sans surveillance médicale;
- tu as des problèmes de santé mentale et consommes des substances pour y faire face.
Si tu penses avoir un problème de consommation de substances, tu peux ressentir de la honte, de la peur, de la culpabilité ou de nombreuses autres émotions. Tu peux avoir de la difficulté à reconnaître que tu as un problème, ou ne pas vouloir obtenir de l’aide. Cependant, si ta consommation de substances prend le dessus sur ta vie et que tu as l’impression de ne pas pouvoir vivre sans elle, tu dois peut-être demander de l’aide et en obtenir. L’aide peut signifier beaucoup de choses différentes et c’est à toi de trouver ce qui fonctionne pour toi.
Et si les drogues sont la seule chose qui me rend heureux ou heureuse?
Parfois, la consommation de drogues produit un sentiment de bien-être. Elle peut te débarrasser de ton anxiété et t’aider à oublier tes soucis. Parfois, elle te fait te sentir plus à l’aise et détendu·e, comme lors d’une fête ou dans d’autres situations sociales. Cependant, plus tu consommes, plus ta santé globale peut se détériorer. Des drogues comme l’alcool peuvent en fait défaire les connexions dans ton cerveau au fil du temps. Ainsi, ce qui te rendait heureux ou heureuse lorsque tu étais sobre cesse d’avoir cet effet.
Si tu trouves que la consommation de substances est la seule chose qui te rend heureux ou heureuse, tu pourrais explorer tes sentiments négatifs (comme la dépression ou l’anxiété). Tu pourrais envisager de chercher du soutien pour examiner les causes sous-jacentes de ton malheur et trouver des moyens sains de faire face à ces sentiments.
Alors, que faire maintenant? Gérer ta consommation
Tu sais mieux que quiconque quelles sont tes plus grandes difficultés et ce qui te fait sentir bien ou mal. La gestion de ta santé mentale fait partie de la gestion de ta consommation de substances. La santé mentale n’est toutefois pas une destination ou une chose que tu atteins. Ta santé mentale est quelque chose qui va et vient sur un spectre. Un jour, tu peux ressentir de la tristesse, de l’inquiétude et du stress, puis être plus heureux ou heureuse et en meilleure mesure de prendre soin de toi et de tes responsabilités un autre jour.
Voici quelques moyens de gérer ta consommation de substances tout en gérant également ta santé mentale :
- avoir un soutien social, comme des ami·es attentionné·es qui se soucient de toi et qui ne t’incitent pas à consommer;
- trouver des choses qui te distraient de la consommation de substances, comme d’autres centres d’intérêt, activités ou passe-temps;
- éviter d’être avec des personnes, dans des endroits ou des situations où tu seras tenté·e de consommer (aussi appelés déclencheurs);
- te concentrer sur ta santé globale comme manger divers aliments, rester physiquement actif·ve, bien dormir et trouver des services de soutien qui respectent ta culture;
- obtenir un soutien professionnel pour tes problèmes de santé mentale ou de consommation de substances. Pour obtenir plus d’information sur les options de soutien pour la consommation de substances, consulte la page Obtenir de l’aide.
Il est important que tu connaisses toujours les substances que tu prends et la meilleure façon de gérer ta consommation pour qu’elle corresponde à ton mode de vie au lieu d’être nocive.
LE PARCOURS VERS LE BIEN-ÊTRE
C’est une énorme étape de vouloir apporter des changements à ta santé, et prioriser le bien-être fait partie du parcours de chaque personne. Réfléchir à ton mode de vie actuel peut être difficile, et cela demande un grand engagement. Cette section présente les différentes étapes du parcours de rétablissement. Elle explique à quoi s’attendre si tu décides de réduire ta consommation de substances ou si quelqu’un que tu connais le fait. Peu importe où tu en es dans ton parcours, nous voulons que tu saches que tu n’es pas seul·e et que tu peux améliorer ta vie.
Le bien-être est un processus actif. En d’autres mots, nous n’atteignons pas le bien-être. C’est un parcours que nous poursuivons tout au long de notre vie. Un parcours vers le bien-être consiste à se concentrer sur tous les aspects de notre santé : notre bien-être physique, émotionnel, spirituel, social et mental. Si tu désires réduire ta consommation de substances, il peut être utile de consacrer également du temps à prendre soin d’autres aspects de ta santé.
Le rétablissement
Le rétablissement peut prendre différentes formes et varier d’une personne à l’autre; chacun a sa propre version du rétablissement. Voici dix éléments de base du parcours de rétablissement :
1. Holisme. La guérison ne concerne pas seulement le mieux-être physique. Il s’agit aussi de ton bien-être mental, émotionnel, spirituel et social. Il s’agit de te sentir mieux dans tous les aspects de ta vie, notamment : le logement, les relations avec les ami·es et la famille, le lien avec la collectivité, l’éducation et le travail, la recherche d’un sens et d’un but dans la vie, le traitement de ta santé mentale et physique.
2. Accent mis sur les forces. Une partie du rétablissement consiste à se concentrer sur ce qui fonctionne dans nos vies; notre résilience ou notre capacité à faire face aux défis. Concentre-toi sur les relations positives que tu as avec des ami·es et ta famille. Souviens-toi de tes habiletés et capacités et des personnes qui t’aident à surmonter les moments difficiles.
3. Soutien social. Il est important d’obtenir des encouragements, du soutien et un sentiment d’appartenance de nos groupes sociaux : nos ami·es, notre famille, nos coéquipier·ères et nos mentors. Cependant, chacun chemine sur son propre parcours unique. Il s’agit d’avoir des personnes autour de toi qui croient en tes capacités et qui sont là pour te soutenir. Ces liens et relations nous rappellent que nous sommes importants et que nous comptons pour les autres.
4. Responsabilité. Tu as des responsabilités envers toi-même et les autres. Comprendre comment assumer la responsabilité de ses actions et décisions est d’une importance cruciale dans le processus de maturité. Décider de donner de l’importance à son propre bien-être est transformationnel et libérateur pour un·e jeune dans son parcours de rétablissement. Adopter des stratégies d’adaptation saines nous aide à faire face aux défis de la vie.
5. Pouvoir d’agir. Nous devons participer à toutes les décisions concernant notre vie, mais avoir également un système de soutien pour nous aider à le faire.
6. Respect. Nous méritons tous·tes d’être traité·es avec respect et sans préjugé ni stigmatisation, tout en honorant notre parcours et nos efforts dans le processus de rétablissement.
7. Espoir. Avoir de l’espoir est ce qui nous motive à apporter des changements positifs. C’est aussi ce qui aide les personnes dans nos vies à nous encourager dans cette croissance.
8. Autonomie. Nous devons être indépendant·es et avoir le contrôle de notre propre parcours de rétablissement.
9. Individualisation et accent sur la personne. Ce qui aide chaque personne est différent. Cela dépend de notre race, de notre classe sociale, de notre culture, de nos préférences et d’autres expériences de vie. Tu es l’expert·e de ta propre expérience, et tu mérites d’avoir une voix dans ton traitement et ton rétablissement. Nous pouvons tous·tes apprendre à déterminer ce dont nous avons besoin et à faire en sorte que nos besoins soient satisfaits dans toutes les sphères de notre vie.
10. Absence de linéarité. Le parcours vers le rétablissement peut être comme une route de montagne sinueuse. Ce n’est pas une ligne droite vers l’avant. Pour la consommation de substances, cela signifie que tu peux progresser, puis rechuter, puis reprendre ton parcours. Cela peut faire partie de ton processus.
Je veux consommer moins
Si tu as déterminé que ta consommation de substances est nuisible, tu n’es pas seul·e. De nombreux Canadien·nes ont indiqué avoir souffert d’un trouble lié à la consommation de substances ou d’une dépendance à un moment de leur vie. Les jeunes peuvent être vulnérables à une consommation régulière de substances, ce qui peut conduire à une consommation risquée et à une relation difficile avec les substances.
Plus le nombre d’années de rétablissement d’une personne est grand et plus tôt elle commence son parcours de rétablissement, plus elle est susceptible de retrouver la santé. C’est vrai, quelle que soit la fréquence de la consommation de substances.
Pour commencer le rétablissement :
- demande de l’aide;
- obtiens le soutien d’autres personnes;
- accepte le traitement;
- adopte de meilleurs modes d’adaptation;
- aie un bon système de soutien;
- trouve des moyens de gérer ta détresse.
Il est important d’avoir un système de soutien lorsque tu travailles à apporter un changement. Il existe plusieurs façons de trouver le soutien qui te convient : par téléphone, en ligne ou dans ta collectivité. Certain·es jeunes préfèrent le soutien d’autres jeunes ayant vécu des difficultés similaires. D’autres bénéficient de counseling ou de la participation à des programmes de désintoxication ou de traitement. Tu peux également trouver du soutien pour des choses comme les difficultés familiales, la perte d’un·e ami·e ou d’un·e membre de la famille important·e, ou les traumatismes. Il existe de nombreux types de programmes et de techniques qui peuvent nous aider à trouver un soulagement et de nouvelles façons d’améliorer notre vie.
Le temps de rétablissement varie d’une personne à l’autre. Certaines personnes peuvent prendre un congé de l’école ou du travail pour suivre un traitement. Certaines personnes ont plus de soutien que d’autres. En fin de compte, quel que soit le temps nécessaire, il s’agit de ton propre parcours.
La désintoxication
La désintoxication (ou détoxification) est le processus physique d’élimination des substances de ton corps. Cela signifie arrêter complètement de consommer pour que ton cerveau et ton corps aient le temps de retrouver leur équilibre. Ton cerveau doit s’adapter à la baisse soudaine d’une substance chimique (drogue) à laquelle ton corps s’est habitué. Cela provoquera probablement des symptômes de sevrage ou des réactions désagréables à cette soudaine absence d’une drogue dont ton corps a pris l’habitude. Ton expérience de désintoxication peut être très différente de celle de quelqu’un d’autre.
La désintoxication peut être difficile. C’est pourquoi il existe des centres de désintoxication médicale ou des établissements pour t’aider à te débarrasser d’une drogue et à gérer les symptômes de sevrage. La forme la plus sûre de désintoxication est une désintoxication médicalement assistée, où des professionnels de la santé comme des médecins et des infirmier·ères peuvent t’aider à gérer les symptômes désagréables qui surviennent pendant le processus de sevrage. Souvent, tu dois d’abord te désintoxiquer avant de suivre un programme de traitement de la dépendance.
Est-ce que les assurances couvrent la désintoxication?
En Colombie-Britannique, certains programmes de désintoxication sont gérés par les autorités sanitaires provinciales. Les coûts de ces programmes publics sont couverts par les régimes d’assurance maladie provinciaux. Les programmes qu’ils offrent peuvent varier en fonction des groupes d’âge et des emplacements. Certains programmes proposent une désintoxication à domicile gratuite, tandis que d’autres proposent une désintoxication en établissement durant laquelle les personnes habitent sur place. Certains s’adressent aux personnes âgées de 15 ans et plus, tandis que d’autres sont destinés aux personnes de 19 ans et plus. Appeler la ligne de recommandation pour la désintoxication (1-866-658-1221) ou BC 2-1-1 peut t’aider à trouver le soutien que tu recherches. Pour plus d’informations sur d’autres options, tu peux consulter le site www.canadadrugrehab.ca.
Le sevrage
Tu peux ressentir des effets désagréables lorsque tu procèdes à un sevrage progressif ou cesses de consommer des drogues auxquelles ton organisme s’est habitué. Ces effets varient en fonction du type de drogues et de la quantité que tu consommes. Ils dépendent également de ta santé mentale et physique. Les symptômes de sevrage peuvent être à la fois physiques et psychologiques.
Souvent, les symptômes physiques de sevrage sont à l’opposé de l’effet euphorique de la drogue. Consulte la section Les types de substances pour connaître les symptômes de sevrage liés à chaque type de drogues.
Ai-je des symptômes de sevrage?
Tu sauras que tu es en sevrage si tu présentes certains des symptômes physiques et psychologiques suivants après avoir arrêté ou réduit la consommation d’une substance.
Les signes courants de sevrage comprennent :
- une irritabilité;
- de la difficulté à dormir;
- une dépression;
- de l’agitation;
- des tremblements;
- un changement à ton appétit.
Comment puis-je cesser le sevrage?
Il se peut que tu doives te sevrer lentement et sous supervision médicale en fonction de la drogue, par exemple lorsque des jeunes se sèvrent d’opiacés (voir la section sur la désintoxication). Il peut être très dangereux d’arrêter brusquement ou d’un seul coup.
Les programmes de désintoxication médicale fournissent un calendrier sécurisé pour le sevrage progressif (réduction de la quantité de drogue consommée au fil du temps), si nécessaire. Ils peuvent également aider à gérer les symptômes et à mettre en place d’autres moyens de faire face à la douleur et à l’inconfort.
Pourquoi prendre des médicaments pour me sevrer de drogues?
Cela peut sembler étrange ou illogique, mais il arrive parfois que des médicaments soient utilisés pour traiter la consommation de drogues. Par exemple, des personnes peuvent prendre des médicaments :
- pour aider à réduire les effets du sevrage pendant la désintoxication;
- pour réduire les envies de drogue et prévenir les rechutes;
- pour éviter les drogues empoisonnées ou toxiques.
Lorsqu’un médicament est pris pour réduire la consommation d’une drogue, c’est généralement parce qu’il est considéré comme étant plus sûr et moins dangereux. Un exemple est le traitement par agonistes opioïdes (TAO) – la combinaison de la buprénorphine et de la naloxone (Suboxone) ou la méthadone (méthadose ou Metadol-D) sont utilisées pour traiter les troubles liés à la consommation d’opioïdes.
Les gens prennent différents médicaments pour traiter leurs problèmes de consommation de substances, par exemple :
- des benzodiazépines, comme le Valium pour aider avec l’irritabilité et l’anxiété pendant la désintoxication;
- des antidépresseurs pris pendant la désintoxication pour les personnes qui deviennent déprimées lorsqu’elles arrêtent de consommer;
- la clonidine pour aider avec les symptômes de sevrage de l’alcool et des opiacés (transpiration, douleurs musculaires, anxiété et crampes). La clonidine est également utilisée pour prévenir les convulsions et les tremblements;
- la Suboxone pour traiter la dépendance à des drogues comme l’héroïne et les analgésiques opioïdes. Elle ne rend pas les gens euphoriques et peut prévenir les symptômes de sevrage et les envies. Une version à action prolongée de la combinaison buprénorphine-naloxone (Sublocade) est disponible en Colombie-Britannique. C’est une injection administrée par un·e professionnel·le de la santé pour prévenir le sevrage et les envies sans avoir besoin de prendre la tablette de Suboxone chaque jour;
- la naltrexone (Vivitrol) est un autre médicament qui peut aider ceux qui consomment de l’alcool à mettre fin aux envies et à promouvoir la non-consommation.
Tous ces médicaments doivent être pris uniquement après avoir parlé avec ton médecin ou ton infirmier praticien. Tu dois être suivi·e de près par ton/ta professionnel·le de santé.
La prochaine section peut être difficile à lire. Elle peut évoquer des situations personnelles et des souvenirs qui sont encore frais et difficiles à se remémorer et à ressentir. S’il te plaît, prends soin de toi et sache que tu peux trouver de l’aide dans notre programme virtuel Foundry et d’autres ressources liées à ce site Web.
La rechute
Rechuter signifie recommencer à consommer des substances après une période d’abstinence ou d’arrêt. Nous savons qu’une rechute est toujours une possibilité dans le processus de rétablissement. Cependant, cela ne signifie pas que nous devrions abandonner après une rechute. Cela peut signifier que nous devons en apprendre davantage sur ce dont nous avons besoin et sur la manière dont nous voulons vivre.
Voici quelques raisons pour lesquelles le rétablissement peut être difficile :
Déclencheurs : Il peut y avoir des choses qui te donnent envie de consommer. Elles peuvent te rappeler la façon dont tu te sentais quand tu consommais ou un endroit où tu allais pour consommer. Tu pourrais rencontrer des personnes avec lesquelles tu consommais de la drogue. La musique et les odeurs peuvent également être des déclencheurs t’incitant à recommencer à consommer. Il est tellement courant de consommer de l’alcool et du cannabis qu’il peut être difficile d’éviter de le faire avec des ami·es ou de résister aux pressions de ceux-ci ou celles-ci. Il peut également être difficile de résister aux envies physiques de consommer, ce qui rend beaucoup plus difficile l’abstinence ou la réduction de ta consommation. (Pour en savoir plus sur les déclencheurs, consulte La consommation de substances et toi.)
Changements biologiques dans le cerveau : Certaines personnes souffrent d’un trouble lié à la consommation de substances – d’une dépendance – et la dépendance peut avoir causé des changements dans leur cerveau. Certains neurotransmetteurs de ton cerveau peuvent devenir moins actifs en raison de la consommation de substances. Tu as peut-être dû consommer de plus en plus une certaine drogue pour obtenir le même effet (tolérance).
Faire face à des émotions difficiles : Tu as peut-être commencé à consommer des substances pour t’aider à faire face à tes sentiments ou même à un problème de santé mentale, comme la dépression, l’anxiété, le traumatisme ou les pensées suicidaires. Si tu ne consommes pas, tu devras trouver des façons différentes de t’aider à gérer ces émotions difficiles et ces défis sans consommer de drogue qui t’engourdira ou te distraira de la douleur.
Détresse : Tu as peut-être consommé pour faire face à des situations qui te causent une certaine détresse, par exemple : les responsabilités scolaires ou professionnelles, les relations avec tes ami·es ou ta famille, les finances, le changement climatique, les conflits mondiaux ou les médias.
Manque de motivation ou de confiance pour arrêter ou réduire ta consommation : Tu peux ressentir de la pression pour réduire ta consommation de substances. Peut-être as-tu été contraint·e de réduire ta consommation ou subis-tu de la pression de tes parents ou de l’école pour arrêter de consommer. Ces pensées et sentiments sont normaux dans le processus de rétablissement. C’est un moment où le soutien des autres est très important pour nous aider à continuer d’avancer. Nous ne savons pas toujours quoi faire ensuite ou ce qui est le mieux pour notre rétablissement. Il peut être très utile de demander l’avis de personnes ayant de l’expérience ou même leur propre histoire, comme un·e intervenant·e en services de soutien par les pair·es. Cela peut nous aider à rester motivé·es à changer et à respecter notre engagement à apporter vraiment des changements à nos vies.
Plus le traitement commence tôt, meilleures sont les chances de rétablissement à long terme. Pas besoin d’attendre d’être au plus mal pour chercher un traitement.
En réalité, ton parcours vers le bien-être peut te rendre vulnérable. Tu pourrais ressentir de nombreuses émotions différentes alors que tu essaies de prendre des mesures vers un mode de vie différent. Tu pourrais être tenté·e de retourner dans ta zone de confort. Il est important de te rappeler que chaque personne vit le bien-être différemment, et de ne pas comparer ton parcours à celui des autres; il t’appartient entièrement. Tu as la capacité de faire des changements dans ta vie et il existe des ressources pour t’aider, peu importe où tu en es dans ton parcours.
COMMENT RECONNAÎTRE UNE SURDOSE ET INTERVENIR DANS CETTE SITUATION
Savoir reconnaître les signes de surdose et intervenir peut sauver des vies.
Apprendre à reconnaître les signes d’une surdose
Une personne pourrait être en train de faire une surdose si :
- elle ne peut pas être réveillée ou ne bouge pas;
- elle respire lentement ou ne respire pas;
- elle s’étouffe ou tousse, gargouille ou ronfle;
- elle a la peau froide ou moite;
- elle se sent étourdie et confuse;
- ses lèvres ou ses ongles deviennent pâles, bleus ou gris;
- ses pupilles sont très petites.
Intervention en cas de surdose
- Compose immédiatement le 911 si tu penses que quelqu’un fait une surdose.
- En cas de doute, compose quand même le 911 (tu n’auras pas de problème si tu appelles) et la personne qui répondra pourra te guider par rapport à ce qu’il faut faire.
- Exécute la respiration artificielle jusqu’à l’arrivée de l’aide.
- La naloxone (Narcan), un médicament, peut inverser les effets d’une surdose. Regarde cette vidéo de Towards to Heart sur les étapes à suivre pour administrer la naloxone.
Sache quoi faire si tu vois quelqu’un qui pourrait faire une surdose.
Si tu vois une personne faire une surdose, compose immédiatement le 911. La Loi sur les bons samaritains secourant les victimes de surdose a été promulguée; cela signifie que les personnes qui composent le 911 pour aider quelqu’un faisant une surdose ne peuvent pas être accusées de possession simple.
Suivez les étapes suivantes, élaborées dans le cadre du Programme de réduction des risques du BC Centre for Disease Control :
- Stimulation : Donne un petit coup à la personne et crie. Elle ne réagit pas? Compose le 911.
- Voie respiratoire : Ouvre la voie respiratoire de la personne. Incline doucement son cou vers l’arrière.
- Ventilation : Donne 1 respiration toutes les 5 secondes à la personne.
- Évaluation : Respire-t-elle?
- Injection musculaire : Injecte 1 mL de naloxone dans un muscle. Continue à donner des respirations.
- Évaluation et soutien : Si la personne ne réagit pas après 3 à 5 minutes, donne-lui une autre injection de naloxone. Continue à lui à donner des respirations.
Envie d’explorer et d’en apprendre davantage ?
Voici quelques options pour toi.
Ce contenu est une traduction de textes rédigés à l’origine par le BC Children’s Hospital pour le site Web foundrybc.ca.
Le contenu original peut être consulté sur foundrybc.ca.
